Bienvenue à la section française de la Société d'Études aristotélico-thomistes.
DÉCLARATION DE PRINCIPES
La Société d'Études Aristotélico-thomistes est une société philosophique qui réunit des gens animés d'un solide intérêt pour la tradition philosophique aristotélicienne et thomiste.
BUT
Le but de la Société est de mener des études philosophiques en conformité à la méthode et aux principes de la tradition aristotélicienne. Elle vise à assurer l'intelligence et la transmission de cette tradition. Par suite, son étude d'Aristote et d'autres grands maîtres est philosophique plutôt qu'érudite, littéraire ou historique. Cela signifie que, sans nier la valeur des contributions ponctuelles qu'apportent pareilles disciplines à l'intelligence des grands philosophes, la Société maintient la priorité d'une étude proprement philosophique de leurs œuvres et soutient que rien d'autre ne mérite de s'y substituer. Pareille intention suppose que le but de toute étude philosophique soit d'arriver à savoir ce que les choses sont, et non seulement ce que certains penseurs ont proposé à leur sujet. La Société soutient, aussi, que pareil savoir est possible, aussi fragmentaire, ou difficile à atteindre, qu'il soit. Enfin, la Société regarde les méthodes, conclusions et principes fondamentaux de cette tradition philosophique comme vrais, applicables à tous temps et tous lieux, et aptes sans cesse à ouvrir l'esprit à de nouvelles vérités.
Soucieuse de nourrir une tradition vivante, la Société favorise intensément l'application des méthodes et vérités essentielles de cette tradition à la solution des problèmes d'aujourd'hui, surtout en matière de logique, de méthode philosophique et scientifique, de science de la nature, d'éthique et de politique.
En vue de contribuer à la réalisation de ces buts, elle soutient ceux qui œuvrent déjà dans cette tradition, les aide à s'apporter un support mutuel, et facilite la formation des gens intéressés à s'y intégrer.
NOM
La société s'intéresse à l'éventail le plus large possible de pensée philosophique saine et traditionnelle. Or tout ce qu'il y a eu de meilleur avant Aristote a trouvé son accomplissement en son œuvre et tout ce qui a été authentiquement philosophique depuis a tiré ses principes et son inspiration de sa pensée; aussi, le véritable aristotélicien doit inclure dans l'éventail de son travail à la fois cette pensée antérieure et ce développement ultérieur. «Études Aristotéliciennes», donc, entend nommer et comprendre tout ce qu'il y a eu de valable en philosophie à travers tous les âges.
Parmi les philosophes qui ont embrassé les principes aristotéliciens et les ont portés à de nouveaux sommets, personne n'a été si loin, ni n'a tant rivalisé d'intelligence avec son maître, que Thomas d'Aqun. Pour cette raison, aucun aristotélicien véritable ne peut ignorer sa pensée, ni se passer de la lumière qu'il a jetée sur les œuvres de son maître. Aussi, la Société accorde une place privilégiée à la pensée de Thomas d'Aquin. Un vrai thomiste est un aristotélicien et pour être un bon aristotélicien, on ne peut faire mieux que de suivre les enseignements de Thomas d'Aquin.
Finalement, même les erreurs qui se sont si souvent insinuées dans la pensée à travers les âges sont, pour un Aristotélicien féru de dialectique, un moyen de découvrir et de voir la vérité plus clairement. Aussi la Société encourage-t-elle l'examen de tous les philosophes et de toutes les opinions susceptibles de contribuer à l'intelligence de la réalité. En même temps, elle rejette toute négation de l'existence d'une vérité ultime ou de toute capacité d'y arriver de quelque manière, car cela confinerait l'étude des opinions à une pure érudition historique.
OBJECTIFS SPÉCIFIQUES
1- Formation dans la tradition à tous les niveaux, y inclue une formation continue pour professeurs.
2- Recherche visant à une meilleure intelligence des vérités de cette tradition et à leur application aux problèmes d'aujourd'hui.
- Publication de la revue internationale Peripatetikos.
- Publication d'une série de monographies aux Éditions Philosophia perennis.
- Colloques (à l'occasion conjointement à celles d'autres sociétés).
- Séminaires.
- Cours accrédités au niveau du doctorat.
SENS DE TRADITION
La tradition, c'est le meilleur du passé, encore vivant dans le présent, et ouvert sur le futur. Toute tradition véritable s'assimile à un organisme vivant: elle croît et se développe sans perdre son principe vital d'unité. Aussi, la tradition ne doit pas simplement s'étudier, comme quelque chose de mort — objet de recherche purement historique — mais se fréquenter, comme quelque chose d'éternel et de vivant — capable de donner à chaque époque, la nôtre inclue, les instruments et la sagesse nécessaires pour découvrir la solution de ses problèmes intellectuels propres.
LA SITUATION AUJOURD'HUI
Les problèmes les plus sérieux de la société actuelle sont variés, mais presque tous s'enracinent dans des idées fausses ou inadéquates sur la réalité et l'univers dans lequel nous vivons — ce que la réalité est, quelle connaissance nous pouvons en avoir, quelles sont ses causes — sur la nature humaine, sur le sens ultime de la vie humaine, et sur la société humaine.
Aussi, la Société consacre une énergie considérable à examiner la nature et l'impact de la science et de la technologie sur la pensée humaine de notre temps, ainsi que les difficultés véritables à affronter dans les zones confuses des idées éthiques et politiques.
Tout cela requiert une compréhension claire et solide de ce qu'est la philosophie, de la manière dont on devrait l'aborder, et du rôle qu'elle devrait jouer en relation aux autres disciplines et à la vie humaine en général.
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D'aucuns ont soutenu, sans doute avec raison, que les intellectuels, et spécialement les philosophes, ne vont pas sauver le monde, ce dont le monde a besoin étant un changement au niveau du cœur. Sans contester du tout cette vérité, il faut insister sur ce que les idées ont de fait un impact considérable sur la société et sur ce que, malheureusement, le caractère moral de leurs tenants ne fournit aucune garantie de la valeur intellectuelle des idées. Ainsi arrive-t-il souvent que même des gens fort bien intentionnés et de très bon cœur proposent des idées erronées ou inadéquates dont les conséquences s'avèrent désastreuses pour leur société particulière ou pour le monde. Pareilles tragédies d'ordre intellectuel peuvent s'attribuer en partie à l'absence de méthodes et d'idées philosophiques convenables.
Que la nature abhorre le vide est un principe qui vaut pour le monde aussi bien intellectuel que physique. Où l'ignorance de principes solides abonde se rue l'erreur. Comme la philosophie concerne les vérités les plus hautes et les plus importantes qui soient accessibles à la raison humaine nue, un vide là aura les pires conséquences pour l'humanité. En conséquence, ce n'est pas une entreprise insignifiante que d'essayer de remplir ce vide avec les meilleurs fruits de la pensée philosophique que les esprits de plusieurs générations aient produits.